Féminisme à retardement
Posted by JB on 04/10/08 at 22:50
Je déteste déblatérer des clichés, et me rendre compte a posteriori que l’argumentaire que j’ai développé est truffé des pires bêtises et approximations. Je déteste également me rendre compte que la situation est certainement pire que je ne l’imagine. Je n’entends rien au symbolisme, à la psychologie même élémentaire, à la philosophie sociale ou ce genre de choses. Mais je compte sur certaines personnes de mon entourage pour me cultiver sur ces domaines. En attendant, autant être honnête :-)
Le problème posé : qu’est ce qui peut justifier une discrimination à l’embauche basée sur le sexe du postulant ?
J’imagine deux types d’arguments de base :- des qualités naturelles intrinsèques, autant dire de l’essentialisme (ce mot fait grimper certains aux rideaux). Le mauvais versant : Mère Nature a choisi le tricot et le four pour bobonne pendant que le management et la réussite professionnelle sont pour Monsieur. Arrêtez de vomir dans le fond. Le bon versant ? Je n’arrive pas à l’exprimer clairement, mais intuitivement, je préfère nettement Jessica Alba pour une pub de lingerie féminine et Rambo pour aller débusquer Ben Laden en Suisse (ou n’importe quel pays hostile). Inverser les deux ne me paraît pas réaliste. Ce n’est évidemment pas une question de puissance ou de responsabilité hiérarchique, je pense clairement que les femmes sont flouées et manquent aux postes influents dans l’industrie ou la politique de par le monde. Et je n’ai rien à proposer d’intelligent dans ce domaine, alors passons.
- le pragmatisme éclairé : un petit dirigeant de PME minimisera les risques de devoir payer une partie de son salaire à quelqu’un parti en congé pour plusieurs mois (citons un exemple de raison, la grossesse, qui touche majoritairement les femmes sauf erreur). J’ai imaginé qu’il serait intelligent que l’Etat organise ce genre de situation, pour payer en direct les femmes enceintes et éviter de faire peser un poids inutile sur les PME, accessoirement aussi en les aidant pour un remplacement. Mais allons-y dans l’autre sens : quand la 3e guerre mondiale aura éclaté, les dirigeants de PME auront tord d’engager des jeunes hommes qui ont toutes les chances d’être mobilisés rapidement. Un investissement en expérience et en formation sur un type de population devrait se faire, si je suis cynique, en fonction entre autres de sa fiabilité statistique (et de sa productivité mais je doute que quelqu’un de sérieux différencie hommes et femmes sur ce plan).
Seulement voilà, là-dessus, j’ai déraillé, non ? Humpf. Mes rêves sont en fait déjà des réalités, mais ni moi ni ma challengeuse n’en avions la moindre idée. Un congé maternité est un congé sans solde d’au moins 16 semaines pendant lequel la femme perçoit des indemnités de la Sécurité Sociale correspondant à son niveau de rémunération moyenné des 3 derniers mois. Alors voilà déjà un truc, une fois n’est pas coutume, qui a l’air bien foutu. Inutile de se battre donc pour savoir si ça coûterait trop cher, ou si les politiques seront un jour suffisamment courageux pour mettre ça en place ; le fait est que ça coûte cher et que c’est une très bonne chose, n’en jetez plus.
Ces petites divagations m’ont poussé à aller voir l’article de Wikipedia sur la discrimination à l’embauche. Sources non vérifiées et non recoupées (je suis blogueur et informaticien, pas journaliste), mais j’y apprends que :
Une femme de 32 ans mariée et ayant 3 enfants a 37 % de chances en moins d’être convoquée à un entretien d’embauche. Les candidatures de femmes avec enfants sont clairement repoussées sauf pour certains types d’emploi.
Je trouve ça moche. On sautille joyeusement aux différences de salaires hommes-femmes toujours sur Wikipedia, à lire en entier svp. Les différences sont alarmantes, puisqu’on ne pinaille pas pour 2 ou 3%, on est plus proche des 20 ou 25% de différence ! Et à ce point, il y a de quoi sortir les crocs, on sort de la petite différence inévitable. Je garde tout de même mon oeil critique, l’analyse est un peu creuse pour quiconque a déjà touché des données statistiques : pourquoi le salaire médian serait la bonne variable à analyser ? Je ferai un prochain article là-dessus, en me documentant au préalable sur ces chiffres de l’INSEE, mais ça sent à plein nez le on-fait-dire-ce-qu-on-veut-aux-chiffres. Plus qu’à trouver à qui profite le crime ;-)
Bref, histoire de conclure, j’en reste à mon constat que je me méfie beaucoup de l’Egalité avec un grand E : je n’arrive pas à comprendre par quel délire tordu on peut faire croire à des gens que parce qu’ils ont obtenu les mêmes choses, les mêmes droits, les mêmes garanties ou privilèges que leur voisin ils seront plus heureux. Mais ceci est une autre histoire !
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